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 Une journée type


Selon la distance à parcourir dans la journée, on se lève entre 5h et 7h. On commence par ranger nos sacs et tente, puis le petit déjeuner est servi sous la grande tente commune.

Remplir les gourdes si on est près d'un point d'eau, puis on se met en marche, alors que les muletiers lèvent le camp : généralement, ils nous rattraperons (ou on les attendra) dans la matinée. Brahim et Moullay, chacun avec sa mule, nous accompagneront pour préparer notre repas de midi - au milieu de rien, dans des conditions parfois acrobatiques, mais toujours délicieux : thé, salade de crudités, sardines ou thon, pâtes ou lentilles cuisinées, fruits, café. Puis on reprend le chemin en laissant nos cuisiniers ranger et faire la vaisselle.

Quand on arrive au camp, généralement en milieu d'après-midi, les grandes tentes sont montées, et les mules débâtées broutent ça et là. Chaque binôme choisit sa "concession" pour planter la tente. Puis, quand le temps et le lieu le permettent, on se consacre à la lessive et à la toilette. Ces activités habituellement anodines, prennent ici une importance insoupçonnée, et nous font déployer des trésors d'énergie - l'eau n'est pas chaude, mais le pire est le vent - et d'ingéniosité pour tenter d'échapper, parfois sans succès, à la foule des petits admirateurs. Faire la lessive n'est pas le plus dur, le séchage est une autre histoire. A grands coups de cordes tendues de tente en tente, sur des relais de bâtons de marche, le camp se transforme vite en vaste réseau de séchoirs. Le vent est bien de la partie, mais le soleil manque et l'on remet souvent à sécher le lendemain, quand on ne transforme pas son sac à dos en séchoir ambulant.

C'est aussi l'heure du thé, servi avec des biscuits secs les jours de pas-le-temps, mais le plus souvent avec des "beignets" - gâteaux de pâte frite qui rappellent oreillettes, merveilles, oublies - ou des crêpes, que l'on déguste avec miel et confiture.

On passe aussi pas mal de temps couché, dans le duvet car c'est le seul endroit où l'on soit sûr d'avoir chaud. D'aucuns dorment ou lisent, pour ma part c'est le moment où j'écris la page quotidienne de ce journal.

Vient l'heure de l'apéro - ti'punch, pastis, saucisse sèche, apportés de France - puis le repas : soupe, viande, pâtes ou riz, légumes, fruits au sirop et tisane arrangés à l'antiseptique intestinal (entendre : eau de vie de prune approvisionnée par Bernard). La température n'encourageant pas aux longues causeries, on se couche tôt (9h !) ce qui favorise les levers matinaux.
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textes, graphisme et photos : André Laurens - tous droits réservés