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 Epilogue en guise de conclusion


Il ne fallait pas écrire ce chapitre à chaud, tant les images et les sensations se bousculent encore dans la tête. On est incapable d'en faire le tri. Alors il faut laisser passer un peu de temps, laisser se décanter les souvenirs, se dessiner les choses importantes, celles qui garderont du sens longtemps après. Un mois plus tard, l'esprit a fini par rejoindre le corps dans le quotidien de nos vies occidentales : qu'avons-nous gardé de ces deux semaines dans l'Atlas?

Sous le signe du vent d'ouest

Chaînes montagneuses et vallées sont orientées globalement est-ouest, donc rien ne l'arrête. Il nous a apporté la pluie, la neige, la grêle, le grésil, nous a évité d'avoir trop chaud les jours de soleil. Enfin bref, un compagnon fidèle, sur qui on a pu compter au quotidien.

Grands espaces

Larges et longues vallées, creusées par la houe de Titan de glaciers oubliés, dont seul subsiste le maigre oued qui se perd dans son lit de pierraille. Vastes plateaux battus par les vents où l'herbe se couche et ondule et se moire de verts et de gris. Chaînes montagneuses aux cimes enneigées qui s'enchaînent, derrière la crête une autre crête, et si haut que l'on aille, on n'en voit pas le bout, on n'en épuise pas la succession d'horizons toujours plus bleus, jusqu'à se fondre dans le bleu du ciel. Et perdus dans ce chaos hostile, acagnardés au fond de ces vallées farouches, les villages des hommes parsèment l'immensité sauvage d'autant d'oasis d'humanité.

Les gens de ce pays

Ces vallées reculées abritent des gens simples, qui vivent une vie rude, loin des paradis artificiels de nos villes-lumière. Ils ont gardé le sens de la communauté que nos sociétés occidentales ont perdu au fil de la quête du progrès, dilué insensiblement dans nos individualismes insatiables. Nous avons tout, ils n'ont rien ou si peu, mais nous l'on offert de bon coeur, parce que pour eux c'est naturel d'accueillir celui qui passe, sans forcément attendre quelque chose en retour. Une leçon d'humanité.
Une fois rentrés chez nous, sommes-nous redevenus les mêmes qu'avant? De telles rencontres nous ont-elles peu ou prou transformés, ont-elles subtilement modifié notre vision du monde? Sans doute. Un peu de nous est resté dans les yeux de Malika.
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textes, graphisme et photos : André Laurens - tous droits réservés