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 lundi 11 : Marrakech - Handour



Nous sommes arrivés hier soir à Marrakech : fragrances enivrantes des orangers en fleurs, soirée dans les souks, excitation générale, chants du muezzin, tout contribue à rendre notre première nuit marocaine courte et agitée. Le beau soleil dans l'air pur (?) et limpide nous encourage donc à nous lever d'un bon pied.
 

Petit déjeuner à l'hôtel Ali - dont les faïences et les cours intérieures réveillent chez d'aucuns des rêveries orientales - puis chargement des Land Rover et c'est le vrai départ pour l'aventure...
 

Devant nous 400 km de route avant d'atteindre le départ du trek.
Dès qu'on quitte la plaine de Marrakech, c'est un tout autre paysage qui nous attend : vallées et villages des premiers contreforts de l'Atlas, qu'il faut traverser pour atteindre Ouarzazate et la vallée du Drâa.
 

La route est jalonnée de halte régulières : point de vue remarquable, tout autant que la présence quasi systématique (un hasard?) de boutiques à touristes dont les devantures proposent à nos yeux (et à nos portefeuilles) poteries, plats à tajine, fossiles, minéraux de l'Atlas.
 

Bon, les choses sérieuses commencent : ça ressemble à de la vraie montagne, avec neige et tout, mais aussi des relents du Maroc d'en bas : terre rouge, végétation de pays chauds et secs, oliviers, chênes verts, figuiers de Barbarie
 

Une chose nous intrigue : ces inscriptions monumentales, sur les pentes au voisinage des villages, faites de cailloux peints à la chaux. Bien qu'on ne lise pas l'arabe, il nous semble qu'elles disent toujours la même chose. Mystère...
 

Les villages de montagne nous révèlent une dominante dans l'architecture locale : les maisons en torchis, à toit en terrasse, qui rappellent à Jeannot et moi nos expéditions arizoniennes
 

Si petit que soit le village, et si pauvres que paraissent les maisons, la mosquée se distingue toujours par son minaret couvert de carreaux de faïence aux motifs d'arabesques bigarrées
 

Nos chauffeurs ne s'embarrassent pas de détails pour doubler les cars de touristes : coups de klaxon, coup d'accélérateur, coups de volant, et va-z-y que je passe. D'aucuns blémissent ou déplorent le confort relatif de la Land Rover (accroche-toi Nicole!)
 

A l'assaut du Tichka (2260 m) : la route étroite et sinueuse nous fait traverser des paysages de montagne vertigineux
 

Passé Ouarzazate, on remonte la plaine du Dadès, avec au loin les premiers contreforts du Grand Atlas
 

Décidément, ces inscriptions m'intriguent et je demande à notre chauffeur leur signification : "Dieu, le Roi, la Patrie" répond-il.
S'il était besoin de s'en convaincre, le Maroc montre qu'il a gardé les stigmates d'un passé féodal.
 

On remonte maintenant la vallée du Drâa. A la vue des premiers canyons, Bernard annonce à la cantonnade : "Voici un aperçu des paysages dans lesquels on va vivre pendant une semaine. Pour ceux qui sont venus pour les fleurettes, il est encore temps de faire demi-tour!"
 

Les reliefs tabulaires se font omniprésents. Jeannot et moi croyons encore y voir les mesas néo-mexicaines : nous n'avons pas fini de nous en faire mutuellement la remarque...
 

Ca y est, on a enfin quitté la route à N'Gop (le relevé GPS fait par Bernard de l'embranchement s'avère juste au mètre près) pour une piste qui s'enfonce sur le plateau vers le nord
 

Au bout d'une dizaine de km de cahots et de nuages de poussière, on découvre le véritable point de départ du trek : le village d'Handour, accroché aux flancs du canyon, et sa palmeraie qui se drape dans l'ombre d'un soleil rasant.
 

Nos muletiers nous accueillent avec le thé rituel au gîte d'étape où nous allons passer la nuit. A ce moment, on prend conscience qu'on a vraiment largué les amarres, qu'on est partis pour vivre quelque chose de bien éloigné de notre quotidien encombré de certitudes individuelles, technologiques ou encravatées.
 

A l'heure où tout le monde s'installe, où nos cuisiniers s'affairent au repas du soir, on s'émerveille d'un rien : fèves en fleurs aux terrasses, bouilles des gamins qui nous demandent "M'sieur, donne-moi un stylo!", chatoyances des maisons et des crêtes environnantes dans la lumière calme et dorée de cette fin de journée.
 
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textes, graphisme et photos : André Laurens - tous droits réservés