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 mardi 12 : Handour - Irhissi



Dès le petit matin, tout le monde s'affaire dans l'impatience du départ. Une fois le petit déjeuner englouti, on se met en route, alors que les muletiers bâtent leurs bêtes. Brahim, avec sa mule blanche, sera notre ange gardien toute la durée du trek.
On quitte donc Handour en descendant dans la palmeraie, puis en remontant la vallée qui serpente entre les parois du canyon.
 

La vallée s'ouvre sur une succession de villages construits autour des points d'eau. Première rencontre avec les habitants de la vallée autour d'une mare à grenouilles. Tout le long du chemin, des ribambelles d'enfants nous suivent, qui pour nous vendre des foulards, poupées et autres babioles colorées, qui pour nous demander, en un refrain incessant : "Donne-moi un dirham!", "Donne-moi un stylo!", "Donne-moi un bonbon!". Leur vêture et leurs pieds nus en disent long sur le niveau de vie moyen.
 

On s'arrête dans le dernier village pour la première édition d'un rituel quotidien, la pause graine. Près d'une rigole glougloutante, Lahcen sort de son sac un mélange d'amandes, cacahuètes caramélisées, petits biscuits aux épices, dattes et figues sèches, que tous grignotent avec entrain dans l'ombre fraîche des amandiers.
 

Puis on quitte la vallée pour entamer l'ascension du plateau de Tifdassine. Enfin du dénivelé et du caillou pour ceux qui étaient en manque de montagne et qui caracolent en tête.
 

Au fur et à mesure qu'on s'élève, le paysage s'ouvre : un coup d'oeil en arrière et on découvre une grande partie du chemin qu'on vient de faire au fond de la vallée, jusqu'au dernier gué avant la montée
 

Après avoir passé une crête rocheuse faite d'énormes blocs dont les couleurs noir et cramoisi trahisent l'origine volcanique, on tombe sur nos cuisiniers qui ont installé nattes et matelas, servi le thé, pour notre premier repas de midi dans le Sarhro.
 

La traversée se poursuit, dans les solitudes minérales du Tifdassine battu par les vents
 

Au loin vers l'est se profilent les silhouettes reconnaissables de petites mesas jumelles, Bab n'Ali (les Portes d'Ali) : visibles de (presque) partout, elles nous accompagneront durant tout le trek.
 

Un dernier regard vers la vallée d'où nous venons : Handour est bien loin derrière et se perd dans la brume et les méandres du canyon
 

Vers la fin de l'après-midi, Bernard propose un petit supplément facultatif : l'ascension du Tine Ouaiyour, splendide mesa aux couleurs vert de gris. Manue et moi le suivons (tant bien que mal : le bougre a l'entraînement et il est haut fendu!), pendant que Lahcen emmène le reste du groupe au camp du soir à travers les bouquets de laurier d'un "canyon d'indiens"
 
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textes, graphisme et photos : André Laurens - tous droits réservés