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 mardi 11 mai


La maison forestière de Midkhane

Dans les gorges de Jaâfar

Au petit matin, un rayon de soleil nous a fait espérer, mais non : nous reprenons la route sous un ciel très couvert, et on traverse, dans la gadoue et sous le grésil, le plateau qui s'étend en contrebas de la piste qui nous à conduit à la maison forestière de Midkhane.

Arrivée vers 10h30 au cirque de Jaâfar. Après la pause graine, on descend les gorges du même nom : cheminer dans le lit de l'oued, entre deux murailles ocres atteignant parfois 100m de haut. Végétation abondante et colorée, accrochée aux falaises, rayon de soleil providentiel pour nous faire apprécier, en arrière plan, la neige dans le cirque de Jaâfar. Le chien blanc est toujours là, baptisé Névé, parce qu'il est blanc et parce qu'il névé pas nous quitter. A la sortie des gorges, on décide de pousser jusqu'au prochain village, afin d'être à pied d'oeuvre demain, pour le rendez-vous avec le bus et le retour à Marrakech.

On sort donc sur le plateau d'Aït Oumghar, interminable et battu par le vent d'ouest. Regards en arrière sur le massif enneigé que l'on quitte, alors que le soleil réapparaît. A l'est Midelt est sa mesa reconnaissable, au nord on devine les neiges du Moyen Atlas.

Quand enfin on arrive au village d'Aït Oumghar, on a perdu trace de mules et muletiers. Lahcen nous installe dans une gargote où l'on nous sert du thé et des omelettes, sur fond de danse du ventre débitée par la télé couplée à un lecteur de DVD : ici on renoue avec la civilisation, électricité, bagnoles, téléphone, TV satellite et compagnie. Pendant ce temps, Lahcen, monté en croupe sur une mobylette, part à la recherche des muletiers. Il revient quelques instants plus tard, juché sur un camion bariolé dans lequel nous montons pour nous transporter au camp, installé à quelques kilomètres en amont sur l'oued Ansegmir. Au cours de ce transfert, on a semé Névé qui, espérons-le, s'est fait de nouveaux copains au village.

Repas de midi à 5h, thé et beignets à 7h, on se prépare à une dernière soirée très décalée. Pour le dernier repas, nos cuisiniers nous ont préparé des poulets aux citrons, olives, pruneaux, raisins : saveurs du souvenir. Remise des traditionnels cadeaux aux muletiers et tout le monde au lit : demain départ 7h.

Après deux semaines de splendide isolement, ça fait tout drôle de se trouver avec tentes et mules - qui nous étaient tout naturels dans la montagne - près d'une piste où passent divers véhicules à moteur : on se trouve anachroniques, tels romanichels ou troupe de cirque égarés aux portes de la ville.

Dernier regard au cirque de Jaâfar

Transport de troupes

Matin gris et neigeux sur les environs de la maison forestière

C'est dans la boue et sous le grésil, que l'on retraverse le plateau

Rayon de soleil dans les gorges de Jaâfar Reliefs ruiniformes à la sortie des gorges

On retrouve les cultures sur le plateau d'Aït Oumghar battu par le vent

Regards en arrière sur le massif enneigé que l'on quitte Arrivée au village d'Aït Oumghar

Un camion bariolé nous transporte jusqu'au camp, installé en amont sur l'oued Ansegmir
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textes, graphisme et photos : André Laurens - tous droits réservés